Résumé
Ce discours met en lumière la nécessité pour l'Afrique de définir sa propre voie en matière de démocratie et de développement, en tenant compte de son histoire et de ses réalités ethniques. Il critique l'influence persistante des anciennes puissances coloniales et plaide pour une approche politique inclusive qui favorise la paix et le progrès.
- L'Afrique doit définir sa propre version de la démocratie et du développement.
- Les divisions ethniques sont une réalité à prendre en compte dans la politique africaine.
- La paix en Afrique nécessite plus que l'absence de guerre ; elle exige l'amélioration des conditions de vie.
- Les anciennes puissances coloniales continuent d'exercer une influence néfaste sur le continent.
Contexte historique et appel à l'unité africaine [0:00]
En mai 1963, les dirigeants des pays africains indépendants se sont réunis à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour discuter de la manière d'exercer leur indépendance retrouvée au profit de leurs populations. Kwame Nkrumah, du Ghana, a averti que les anciens colonisateurs resteraient actifs de manière subtile et a souligné la nécessité pour les Africains de penser comme un seul peuple pour éviter la manipulation. Il a également insisté sur le respect des frontières existantes pour éviter les conflits, un principe réaffirmé en 1964 au Caire. L'Agenda 2063 de l'Union africaine, adopté en 2013, fait écho à ces idées, mais l'objectif de faire taire les armes d'ici 2020 n'a pas été atteint.
Les défis de la démocratie importée [3:57]
Après l'indépendance, de nombreux pays africains ont adopté des États à parti unique pour unir leurs diverses nations. Cependant, l'Occident a ensuite promu un modèle de démocratie basé sur le multipartisme, les élections périodiques et la limitation des mandats présidentiels. Ce modèle, défini par les anciennes puissances coloniales, n'a pas été adapté aux réalités africaines. En conséquence, les Africains ont du mal à penser en dehors de ce cadre imposé, même lorsqu'ils cherchent des solutions propres à leur continent.
Diversité ethnique et politique conflictuelle [7:26]
L'Afrique gère la diversité ethnique mieux que l'Europe, où les nations sont souvent plus homogènes. Cependant, l'ingérence occidentale dans les élections africaines persiste, perpétuant une stratégie de division pour régner. Les partis politiques africains sont souvent basés sur l'affiliation ethnique, transformant les élections en recensements ethniques. Julius Nyerere a souligné que le problème n'est pas le message, mais qui le chante, car le soutien est souvent limité à son propre groupe ethnique, ce qui engendre des conflits.
Les conséquences des élections et la nécessité d'une nouvelle approche [10:06]
Les élections en Afrique entraînent souvent des conflits, car les partis politiques sont déterminés à gagner à tout prix. L'accès au gouvernement est perçu comme une loterie, ce qui exacerbe les tensions ethniques. Pour l'Afrique, le salut à long terme exige d'éviter la politique conflictuelle et de définir sa propre version de la démocratie. Les priorités devraient être la participation, la responsabilité gouvernementale, l'accès à la nourriture, aux soins de santé, à l'éducation et aux opportunités d'innovation.
Définir l'Afrique et rechercher la paix [13:21]
L'Afrique doit se définir elle-même et cesser d'attendre que l'Union européenne lui dise quoi faire. La paix est plus que l'absence de guerre ; elle signifie l'amélioration des conditions de vie. Il n'existe pas de solution unique, et ce qui fonctionne pour un pays ne fonctionne pas nécessairement pour un autre. L'Éthiopie a reconnu la réalité des ethnies dans sa constitution, et l'Afrique doit cesser de se voiler la face à ce sujet.
Inclusivité et contexte africain [18:16]
Pour parvenir à la paix, il faut reconnaître le contexte africain et introduire une "hygiène" dans la politique. Les pays africains sont des nations différentes au sein d'États uniques, et l'inclusivité est essentielle. La politique doit permettre aux ethnies et aux groupes de négocier. Il faut se méfier de l'ancien maître colonial, qui est toujours présent et cherche à diviser l'Afrique. L'unité de l'Afrique est une affaire importante, et il ne faut pas l'oublier.